Les actions dépôts : une forme critique ?





  1. Les conditions de production

  2. L'art et la logique marchande





Il est un consensus fort répandu dans le monde de l'art qui consiste à dissocier les formes plastiques de leur conditions d'élaboration tout autant que de leur conditions de diffusion.

Plus encore, au nom d'une croyance archaïque dans la toute puissance du créateur, qui serait créateur mais incréé, les difficultés inhérentes à l'élaboration ou à la diffusion des œuvres viendraient valider d'autant plus les talents de l'artiste.


Ce Darwinisme social qui permets de mystifier la rareté de la création et de justifier l'élitisme du succès masque par ailleurs la grande précarité de la majorité des artistes plasticiens.


  1. L'autre grand consensus consiste à séparer la question économique du choix du médium.

Or, il nous paraît sain de s'interroger par exemple sur le soit disant retour de la peinture dans sa relation à la matérialité du tandem « toile / Châssis ».

Il va de soit que le processus de création est aussi déterminé par la perspective de sa diffusion, or on ne vends pas une toile comme on vends un textile de Cécile Bart ou plus encore un wall drawing.

De même certains supports tels la vidéo se prêtent plus facilement à la diffusion tout autant que leur manipulation n'est pas marquée par la sacralité de l'œuvre unique.

Quant à la photographie, Buren rappelle à juste titre qu'elle prolonge très souvent le complexe matériel de l'oeuvre « bourgeoise » c'est à dire facilement circulable donc vendable.


Les actions dépôts ambitionnent de prendre une position par rapport à ses problématiques.

Les actions dépôts prétendent d'abord à une relative autonomie vis à vis des moyens de diffusion,

l'action est autonome et ne s'autorise que d'elle même.

L'action propose un support éphémère qui garantie une certaine écologie comparativement à la croissance sans fin des objets d'art.


L'action dépôt ouvre un champs très vaste de propos.

Son premier support est la ville.

Par ville nous n'entendons pas seulement une méga structure matérielle, mais aussi un tissage de relations corporelles et linguistiques.

Les dépôts réalisés sur la cité jardin d'Arcueil mettaient en lumière l'ambiguité sémantique de l'impasse en tant qu'élément urbain lorsque celui-ci est associé à des noms prestigieux tels Gallilé, Gutenberg, Ader etc...

Enfin l'action dépôt s'apparente à l'esthétique dite relationnelle en tant qu'elle restitue à des personnes le sens ou la problématique d'un lieu.



Ange Questi




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